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AGE BRUTAL - ÉPISODE 4 Smilodons

Bonjour à tous, voici un nouvel épisode du projet d'écriture Age Brutal, mon dernier projet de livre.
Retrouvez tous les épisodes précédents et bien plus encore dans l'onglet "Fantasy" du blog.

N'hésitez pas à découvrir les autres articles, à les commenter et les partager, cela me ferait vraiment plaisir et permettra de faire connaître mon travail.


Bonne lecture à vous !



EPISODE 4 : SMILODONS


Le conseil avait jeté un froid persistant, malgré plus d'une heure à envisager plusieurs stratégies. Fanny avait même suggéré d'attaquer les avant-postes ennemis les plus proches pour les prendre par surprise. Mais même si cela les surprendrait dans un premier temps et permettrait de les affaiblir, l'adversaire était bien trop puissant et cela lui donnerait le prétexte de nous écraser et de nous exterminer.


Fanny avait donc dû renoncer à cette idée a contrecœur.

Le conseil avait donc opté pour une stratégie plus raisonnable, nous allions nous préparer à essuyer des sièges de la part de l'ennemi. En territoire connu avec des réserves de ressources et une défenses bien préparée, nous ne pourrions, certes, pas vaincre l'ennemi, mais suffisamment l'épuiser pour qu'il renonce.

Nous devions donc partir rapidement afin de nous préparer.


La préparation de notre départ fut rapide étant donné le peu d'effet personnel que nous avions apporté, le nécessaire de survie, nos armes et de quoi prendre soin de nos rhinos. Néanmoins mon père repartit avec un curieux sac confié par Gaadjuh et son maître chaman.




Le chemin du retour me vit préoccupé. Préoccupé par cette guerre qui semblait inévitable, mais également par cet étrange sac à travers lequel il me se semblait apercevoir d'étranges lumières clignotantes.

Mon regard insistant sur l'objet n'échappa pas à l’œil aguerri de mon patriarche.

- Mon fils cet objet pourrait bien être notre salut, à condition que nos chamans soient capables de l'exploiter, ne le sors de son sac sous aucun prétexte, tu m'entends ?

- Oui père. Cette brève explication ne faisait qu'aiguiser ma curiosité en réalité.

- Père, avez-vous vu cet objet en fonctionnement ?

- Non, je ne l'ai pas vu et c'est très bien ainsi, la magie est pour les chamans et les lames pour les guerriers Gwenved, ne l'oublie jamais.

Cette réponse était bien loin de me suffire, mais avait pour mérite de me rappeler une règle fondamentale. Les sages avaient vu en moi un guerrier, tout comme mon père et le sien auparavant. L'usage de la magie me serait donc toujours inconnu et en approcher pouvait même se montrer relativement dangereux. Mieux valait donc rester éloigné de cet objet.


Nous chevauchions plus rapidement que la normale, pour arriver avant la nuit.  Habituellement mon père prenait une journée pleine pour faire le trajet, mais cette fois il y avait urgence, chaque journée gagnée pouvait faire la différence. mon père décida donc de faire une légère halte pour donner l'occasion à nos montures de s'abreuver dans un point d'eau naturel qu'il avait repéré a mi-chemin. Les trois chevaucheurs, maîtres des bêtes, qui nous accompagnaient acquiescèrent connaissant bien les bêtes, ils savaient que la suggestion de mon père était justifiée.



Cela faisait peut-être dix minutes au plus que nous nous étions arrêtés. Il était déjà grand temps de repartir, mais l'un des maîtres des bêtes qui nous accompagnait insista pour finir de soigner son rhino qui avait écorché sa patte. Mon père acquiesça avec regret, un rhino blessé pouvait considérablement nous ralentir et nous étions pressés, néanmoins il est connu de tous qu'il ne faut pas s’attarder dans un point d'eau car c'est le lieu de chasse favoris des fauves !

Soudain l'un des rhinos s'agita et les autres suivirent, les trois dresseurs durent longuement insister pour les calmer.

- Préparez vite vos montures les amis, nous partons sur-le-champ ! Rouspéta mon père.

- Oui monsieur. Répondirent les hommes.

Je ne dis rien, mais je compris immédiatement qu'il ne fallait pas s'éterniser ici. Je gravis rapidement ma monture. Deux de nos gardes chevauchaient déjà leurs rhinos également, mais mon père était encore au sol à aider le troisième garde à ranger son matériel. C'est là, à ce moment précis que ma vie bascula !

Un smilodon énorme surgit de derrière un rocher, mon rhino malgré son imposant gabarit commença à paniquer face au tueur qui venait de surgir. Le rhino blessé s'agita aussi renversant au sol son soigneur, mon père le tira juste à temps pour lui éviter d'être piétiné.

- Tenez-le en joue et gardez votre calme ! Ordonna mon père. Gardez l’œil ouvert il n'est pas seul !


Le chef de guerre dégaina son sabre, tirant toujours le maître des bêtes hors de portée des pattes lourdes de la monture paniquée. De mon côté, je scrutais les alentours tant bien que mal tout en essayant de calmer et maîtriser ma monture.

- Chef, ne restez pas au sol ou vous serez une proie facile ! Hurla un homme sans quitter le smilodon des yeux.

La bête jaugeait les deux gardes d'un regard de feu, restant a distance de leurs lances.  Le rhino de mon père semblait plus calme que son acolyte blessé. Le maître des bêtes s'approcha alors prudemment de lui pour le calmer, il utilisait un dialecte très ancien réputé pour favoriser l'approche des animaux. Mon père le suivait, sur ses gardes, lame à la main.

Soudain j'aperçus trois autres bêtes sortir des fourrées à une dizaine de ,mètres, ils commencèrent à courir vers nous. Le premier smilodon rugit alors et commença à tracer des arcs de cercle comme pour trouver le point faible des gardes et nous attaquer. Le rhino blessé paniqua et prit la fuite, celui de mon père hurla et le suivit renversant le dresseur sur son passage. Les smilodons ne s'en préoccupèrent pas, leurs proies n'étaient pas les montures, trop dur à abattre. Non , les véritables proies étaient les hommes ! 

Je ne pouvais laisser mon père dans cette posture. Les smilodons approchaient rapidement et allaient nous encercler en nous bloquant dos au point d'eau. Notre seule issue était de les charger avec le rhino. Je fis tout mon possible pour approcher le mien de mon père.

- Père montez ! Lui criais-je en lui tendant la main.

Il planta alors son sabre dans le sol d'un coup sec et ferme et aida le chevaucheur, encore sonné, à monter à sa place.

- Un bon chef de guerre n'abandonne jamais ses hommes. Me dit il en poussant le blessé pour m'aider à le hisser derrière moi.

Au moment ou j'allais l'aider a monter a son tour le premier smilodon chargea, il contourna les gardes à toutes vitesses esquissant les jets de lances pour fondre sur mon père ! Ce dernier se saisit de sa lame et tenta de pourfendre la bête quand elle lui bondit dessus. J'entendis un craquement sourd lorsque les deux masses se heurtèrent. Mon père tomba à la renverse et le smilodon s’écroula sur lui. Les trois autres bêtes arrivèrent à ce moment. Les deux premières furent touchées par les nouvelles lances que venaient de projeter les chevaucheurs, mais la troisième allait droit sur mon père en passant devant moi. Dégainant mon arme, je bondis du rhino qui partit en trombe dès que j'eu lâché les rênes. Je pensais atterrir devant le smilodon, mais le fauve allait si vite que j'attéri sur lui en pleine course. J'eus juste le temps d'abattre ma lame avant que le choque avec la bête ne m’assomme.


Je rouvris les yeux quelques instants plus tard. J'avais mal partout mes repris vite mes esprits face à la gravité de la situation. Deux chevaucheurs montaient la garde alors que l'autre soignait mon père. Après un rapide coup d’œil autour de moi, je pus constater que les quatre smilodons étaient morts, les chevaucheurs avaient aligné leurs cadavres et avaient donc certainement prie le soin de les achever avant de les approcher. Mon attention se tourna alors vers mon père couché derrière l'homme qui, me tournant le dos, se tenait accroupi pour le soigner.

Ce n'est qu'en m'approchant que je pus constater la gravité de la situation. Mon père gisait à peine conscient, défiguré et le coup déchiré. Il me tendit une main difficilement pour me demander d’approcher. Le chevaucheur me laissa alors la place.

- Gwenved ... je m'en vais. Je ne pourrais ... t'aider à être ... un bon chef de guerre. Soit surtout ... un bon chef ... .

Il ferma les yeux, je compris qu'il luttait encore de toute ses forces.

- Soit surtout un bon chef pour ton peuple. Dit-il dans un dernier soupir.

Je ne pouvais y croire. Je le saisis dans mes bras essayant de le ramener à lui, espérant lui tirer encore quelques mots ou, pourquoi pas, le ramener à la vie. Je voulais lui dire à quel point être son fils était un honneur, non pas pour son rang, mais pour l'homme et le père formidable qu'il était, qu'il avait été.

Mais rien, ni mes cris, ni ma tristesse, ni ma colère ne put le ramener et je du prendre ma première décision de chef : rapporter la dépouille de mon père pour l'accompagner décemment dans le royaume des morts.




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