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Affichage des articles du 2021

 





La Groac’h de l’Île du Lok

 Une gwrac'h/groac'h (breton pour « fée », « sorcière » ou « vieille femme », pl. gwrac'hed) est une fée ou sorcière bretonne liée à l'eau. Multiforme, elle est souvent vieille et nocturne, apparentée aux ogres et aux sorcières, parfois avec des dents de morse. Réputée pour vivre dans des cavernes, sous le sable ou sous la mer, la groac'h a du pouvoir sur les éléments de la nature et maîtrise la métamorphose. Elle est surtout connue comme une figure malveillante, en particulier à cause du conte d'Émile Souvestre La Groac'h de l'île du Lok (que je vais vous conter) . Plusieurs toponymes de Basse-Bretagne sont attribués à une groac'h, en particulier des mégalithes dans les Côtes-d'Armor, ainsi que l'île de Groix dans le Morbihan, et le phare de la Vieille. L'origine de ces fées appartenant à l'archétype de « la Vieille » est à rechercher dans des divinités féminines antiques diabolisées par le christianisme.  Le plus célèbre conte évoqu

LES DISCIPLES ET LE MAÎTRE

 Il y a fort longtemps, dans un pays aujourd'hui oublié, deux disciplines tentaient de surpasser leur maître au combat à mains nues. L'enjeu était de taille, car le maître, n'ayant pas de descendance, léguerait son école ainsi que l'intégralité de ses possessions au disciple se montrant le plus digne et qui serait le premier à le surpasser. Le premier des disciples qui tenta sa chance comptait sur sa force physique et son ingéniosité. L'homme en pleine force de l'âge était petit, mais trapu, un vrai roc néanmoins doué d'une grande agilité. Il défia donc le vieil homme, relativement confiant vis-à-vis de ses chances de réussite. Pourtant, il ne réussit pas a toucher le sage homme qui, d'habiles déplacements et à l'aide de techniques amples, garda son opposant à distance. Quand le disciple, qui commençait à s'épuiser, s'agaça de ne pas parvenir à toucher son maître qu'il était pourtant certain de pouvoir égaler, il chargea violemment en uti

LE PRESSOIR ET LA BÊTE

LE PRESSOIR ET LA BÊTE Il était une fois une fille, si gentille et si avenante que le dimanche la maison était remplie d’amoureux. Un de ses galants prétendants vint la demander en mariage à sa mère. — Je veux bien, répondit-elle, mais il faut que tu te soumettes à une épreuve. Toutes les nuits une bête qui dévore les gens vient dans notre grange : si tu peux lui échapper, je te donnerai ma fille. — J’essaierai, dit le garçon. La nuit venue, la bonne femme l’enferma dans la grange, après lui avoir laissé plusieurs chandelles de résine, afin qu’il pût voir ce qui se passerait. À minuit, une bête d’une grandeur épouvantable et horrible à regarder, sortit de dessous le pressoir et s’avança vers lui : comme il était courageux, il ne recula pas. — Tu es brave, dit la bête : veux-tu jouer avec moi à perçoirine perçoirette ? — Quel jeu est-ce ? — Il faut se coucher sur le pressoir, et se laisser serrer par les vis qui servent à presser les mottes de cidre. Quand tu auras subi cette épreuve, j

FOLKLORE ET MYTHOLOGIE BRETONNE - 3 LIVRES INCONTOURNABLES

Demat !!! Laissez-moi vous raconter un conte breton et vous présenter trois livres que j'estime incontournable pour tous les amateurs de légendes bretonnes et celtiques. La mythologie bretonne constitue le fonds des croyances de la Bretagne. Les peuples celtes d'Armorique connaissaient probablement, avec leur mythologie celtique, plusieurs divinités et créatures spécifiques associées à des cultes de la nature. On en retrouve quelques traces chez certains saints bretons et dans les contes et légendes. Ce fonds mythologique est accepté par les Romains puis nettement christianisé, provoquant la perte partielle des grands récits et la destruction ou la conversion des lieux de culte païens. Heureusement il reste des fondement de cette culture, et si l'on fait l'effort d'extraire les parties christianisées, bien que certaines sont elles-mêmes imprégnées de culture celte, on retrouve parfois le message d'origine de ces contes. Je vous en ai d'ailleurs présenté dans

POURQUOI CET APPRENTI ? - LE MAÎTRE DES PINS

 Bonjour à tous ! Connaissez-vous l'histoire du maître des pins ? Il y a fort longtemps, au cœur d'une forêt de pins, vivait un récolteur de sève mystérieux. Un homme qui aspirait à vivre seul. Pourtant, régulièrement, des jeunes gens cherchaient à devenir son apprenti.  Non pour récolter la sève, mais pour maîtriser un rare art martial. Mais, à chaque fois, le maître déclinait les propositions des jeunes ambitieux. Trop jeune, trop âgé, pas assez motivé, les excuses ne lui manquaient pas. Il accepta, néanmoins, un jour de pendre un disciple.  A cette nouvelle les habitants du village voisins voulurent tous en savoir plus. Se devait être un véritable prince pour que l’ermite accepte sa compagnie et de lui enseigner son art mystérieux. Bon nombre d'entre eux prétextèrent avoir besoin de résine pour préparer de l'encens, des médicaments et autres produits contenant de la résine de pin afin de voir cela de leurs propres yeux. Et quelle fût leur surprise lorsqu'ils cons

LA MULE SANS FREIN ET LE CHEVALIER

Le roi Arthur de Bretagne tenait une grande célébration dans sa ville royale de Carduel, aux fêtes de la Beltaine. Auprès de lui étaient accourus tout ce que son royaume renfermait de nobles dames, de hauts barons et de chevaliers. Ce n’étaient que tournois et festins, et grande liesse dans la cite entière. Si vous préférez écouter l'histoire, la voici :  Le second jour de l’assemblée, au moment où le roi et ses convives quittaient la table, on aperçut de loin dans la prairie une femme qui paraissait venir vers le château et qui était montée sur une mule sans licol et sans frein (le mors qui permet au cavalier de contrôler la vitesse et la direction de sa monture). Cette vue piqua la curiosité. Le roi, la reine, tout le monde se mit aux fenêtres, chacun cherchait à deviner qui était cette voyageuse solitaire et ce qu’elle voulait. Quand elle fut près des murs du manoir on vit qu’elle était jeune et jolie. Tous les chevaliers et tous les pages volèrent au-devant d’elle et s’empressè

Kristof & la véritable légende d’Is - partie 1

  INTRODUCTION     L’histoire bretonne qui suit a un cachet tel que nous avons dû la traduire souvent mot-à-mot. Elle renferme d’admirables locutions, parfois intraduisibles en français.   Gabriel Milin - Amable-Emmanuel Troude Le Conteur breton Lefournier, 1870 (p. 303-339)     Je me suis donc permis de la retravailler quelques peu afin de la rendre plus accessible aux lecteurs d’aujourd’hui, sans toutes fois dénaturer le texte.   Olivier Le Gal     Kristof & la véritable légende d’Is   Près de Douarnenez demeurait autrefois une vieille veuve ; il y a de cela je ne sais combien de centaines d’années. Celle-ci n’avait qu’un fils qu’on nommait Kristof. Sa mère cherchait à le guérir de sa paresse, car Kristof, profitant de ce qu’on le disait idiot depuis sa plus tendre enfance, n’avait jamais rien fait de son corps, si ce n’est ramasser de temps à autre des petits morceaux de bois de chauffage pour sa mère. Il avait ainsi atteint ses seize an

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