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Le guerrier qui s'ignorait - Un conte Celte et martial

 Bonjour à tous !


Vous êtes tous de potentiels guerriers qui s'ignorent.


Si si je vous l'assure !



Laissez-moi vous conter l'histoire d'un bûcheron celte qui contribua grandement à sauver son clan.



Kerian était un bûcheron celte d’un clan vénète. Chaque jour, il coupait du bois pour le chauffage et la construction. 


Il connaissait très bien la forêt, où trouver le type de troncs en fonction de ses besoins, mais aussi où étaient situées les tanières des animaux dangereux afin d’éviter de mauvaises rencontres.



Il n’avait jamais vraiment appris à se battre. Bien que cela était un jeu courant et fort amusant pour les enfants celtes, il n’avait pas, contrairement à certains de ses amis, eu l’envie ou la chance de devenir guerrier. Il faut dire que le jeune homme n’était pas très doué en lutte et ne s’était jamais illustré que ce soit par la force ou l’habileté, bien au contraire.

Dès qu’il eût l’âge et la vigueur suffisante, son père le confia à son oncle pour apprendre le métier de bûcheron. En effet, son oncle, voyant son âge avancé, n’arrivait plus à couper la quantité d’arbres suffisante aux besoins du clan. Voyant l’hiver approcher et n’ayant que des filles, il se mit d’accord avec le père de Kerian pour le prendre sous son aile.



Ainsi, quand l’oncle rejoignit Avallon, Kerian avait suffisamment appris pour prendre la relève.

Il avait trouvé sa place dans le clan, fondé une famille, et faisait de son mieux pour apporter ce dont avait besoin sa famille et le reste du clan.

Malheureusement, les relations avec un puissant clan voisin s’étaient envenimées depuis quelques années pour des raisons obscures de rivalité.


Kerian sentait bien la tension monter au sein de son clan, surtout auprès de ses amis guerriers, qui semblaient, plus que jamais, prêts à honorer le clan et accomplir leur devoir.


Que pouvait faire le bûcheron ?

Mis à part éviter d’aller couper du bois près du clan voisin, il ne pouvait pas faire grand-chose.

Un triste jour se qui devait arriver arriva. Dès la fin de la trêve de Yule, le clan voisin passa à l’attaque.

Les vaillants camarades de Kerian luttèrent tant bien que mal, mais l’adversaire avait l’avantage du nombre.

Kerian qui tentait de mettre sa famille à l’abri fut soudain attaqué. Dans un réflexe de survie, il opposa sa hache qu’il tenait alors en main et frappa son opposant comme s’il s’agissait d’un tronc. 

Son adversaire s’effondra inerte sous la violence du coup. Toutes ces années à frapper le bois en optimisant chaque coup pour économiser son énergie tout en étant le plus efficace possible avaient fait de Kerian un bûcheron de grande qualité.


Il se dit alors : 

— J’ai eu de la chance de parvenir à me défendre, mais je ne connais personne dans tout le clan capable de donner des coups de hache comme moi.


Durant des années, le bûcheron avait entraîné son corps et son esprit au dur labeur, sans se douter que sa hache pourrait un jour être une arme. Il avait ainsi forgé son corps, son habileté, sa précision, sa puissance, son endurance, sa ténacité, sa persévérance… comme l’aurait fait un maître d’armes.

Craignant pour sa famille et ses amis, le bûcheron plongea alors dans la bataille pour aider ses amis d’enfance et son clan.

Malgré cela, ils furent vite acculés, c’est alors que lui vint une idée.

— Attirez-les vers moi ! dit-il à ses compagnons.



Kerian frappait dur et fort tel un berseker, mais maîtrisait parfaitement sa hache à chacun de ses coups. N’ayant pas appris à parer ou esquivé, ses amis le protégeaient tant que possible, conscient que chaque fois qu’il pourrait frapper de la sorte, l’ennemi perdait soit un homme, soit de la détermination.

Et la bataille s’enfonça peu à peu dans la forêt. Kerian et ses amis approchèrent, non sans mal, d’une grotte que le bûcheron prenait, habituellement, toujours soin d’éviter. Malheureusement, pour arriver jusqu’ici, plusieurs compagnons avaient péri.

Soudain, Kerian cria à ses compagnons :

— Montez !


En indiquant un petit chemin tortueux permettant de surplomber la grotte. Les camarades de Kerian n’étaient plus, alors que quelques-uns, faisant face à une dizaine de guerriers d’opposants. Le bûcheron jeta sa hache vers ses adversaires les plus proches pour permettre à ses amis de tourner les talons et de suivre son instruction. Chacun d’eux savait qu’en forêt Kerian était dans son élément et ils suivirent son instruction.

Grimpant tant bien que mal le petit groupe se mit à l’abri en hauteur défendant leur position pour empêcher l’ennemi de monter à son tour et évitant les jets de lance qui leur était adressée. Les adversaires hurlaient pour effrayer Kerian et ses amis ainsi pris au piège, car il n’y avait qu’un passage escarpé et aucune échappatoire possible.


— Et maintenant ? Interrogea, furieux, l’un des amis du bûcheron, regrettant de lui avoir fait confiance.


— Soyez patient les amis, les dieux Lug et Cernunos vont certainement nous envoyer un allié puissant. Tapez du pied pour qu’ils entendent notre appel.


Kerian se mit alors à marteler la pierre du pied, la plupart de ses compagnons en firent autant ne sachant trop que penser de leur ami. Mais il n’y avait bien que les dieux pour les sortir d’un tel guêpier. Leur martèlement résonnait dans la caverne sur laquelle ils étaient perchés, ajouté aux cris de leurs poursuivants, cela créait un véritable brouhaha.

Pourtant, tout ce bruit fut bientôt couvert par un rugissement effroyable !

Les guerriers venaient de réveiller le maître des lieux, et il était furieux !

Le silence s’imposa soudain.

Trop tard !

Kerian invita ses compagnons à se faire discrets. Ils s’imbriquèrent tous contre la roche. Certains de leurs assaillants fuirent, le plus proche semblait pétrifié en regardant vers l’intérieur de la caverne alors que des pas lourds se firent entendre. Deux autres jetèrent leurs lances. Kerian et ses amis eurent un mouvement d’esquive avant de réaliser qu’ils n’étaient pas la cible.

Les pas lourds s’accélérèrent alors soudain et un ours immense prit en chasse les lanceurs, bousculant au passage le guerrier pétrifié qui s’envola a plusieurs mètres et retomba inerte comme une poupée désarticulée. L’ours rattrapa rapidement un premier homme et le mit en pièce avant de poursuivre le reste de la troupe.



Dès que Kerian estima que lui et ses amis étaient hors de danger, ils descendirent de leur perchoir et rentrèrent au village. Prenant bien soin de faire un large détour pour ne pas rencontrer l’ours.

Arrivés au village, ils purent constater que celui-ci avait retrouvé un semblant de calme. La plupart des adversaires les avaient suivis dans les bois, les autres avaient été repoussés. Les survivants prenaient soin des blessés et des dépouilles des hommes tombés au combat.

n’y eut pas d’autre assaut du clan rival qui avait envoyé ses meilleurs guerriers. Lorsqu’ils récupérèrent les dépouilles de leurs hommes tombés au combat et qu’ils virent les terribles blessures qu’avait infligées l’ours, ils prirent peur et ne cherchèrent plus jamais querelle.

Kerian reprit son travail, heureux d’avoir pu préserver sa famille et certains de ses amis. Ceux qui étaient tombés s’étaient battus vaillamment et avaient certainement gagné leur place à Avallon. Il prit néanmoins bien soin d’éviter le territoire de l’ours pendant longtemps.



Le bûcheron devint ainsi une légende, certains disent que c’est l’esprit de la forêt qui l’a guidé ce jour-là. D’autres disent que chaque homme est un guerrier qui sommeille et qui se réveillera lorsqu’il devra affronter son destin.

Pour ma part, je vous invite simplement à faire preuve de sang froid et de donnée le meilleur de vous même en toute circonstance.



J'espère que cette histoire vous a plus et je vous dit à la prochaine.


En attendant, portez-vous bien et Kenavo !





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