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KERTIAN & LES LAVANDIÈRES - Récit fantastique de Bretagne

  Bonjour à tous !


Voici une courte histoire pour vous faire découvrir mon travail d’#auteur inspiré de la #Bretagne et autres horizons.

Personne n’avait jamais osé braver l’Ankou ! 


Kertian n’avait pourtant pas l’intention de trépasser aujourd’hui. Il avait une mission à accomplir : accompagner Azenor jusqu’à Avallon. Il tiendrait promesse. La pointe de sa lance, cadeau du dieu Lug, s’illumina, prête à défier l’envoyé de la mort en personne. Il n’avait pas affronté dragon, bugul noz et guerriers fauves pour trépasser maintenant, si près du but… 


Envie d’en découvrir plus ? Voici la première partie de cette histoire : KERTIAN ET LE BUGUL NOZ DU RIANT - folklore breton


Si vous l’avez déjà lu, il est temps pour moi de vous livrer la suite :



Kertian suivait le bugul-noz avec méfiance.


« Où me mènes-tu ? Lui demanda-t-il


« Là où un mortel ne peut aller seul, j’ai entendu dire que des esprits tourmentés emprisonnent des mortels. C’est ce qui vous arrive lorsque vous n’écoutez pas mes avertissements. »


« Des esprits ? Mais quels genres d’esprits ? demanda encore Kertian.


« Les lavandières de Penn Mane, surtout ne les regardes pas dans les yeux et ne les interrompt pas dans leur tâche. Si tu aperçois ta mère, dis-le-moi. S’il n’est pas trop tard, je t’aiderai à la libérer. Mais si son heure est venue, tu devras l’accepter et rentrer chez toi sans faire de manière. »


La voix gutturale de la créature ajoutait à ses mots gravité et solennité. Kertian ne pouvait accepter de renoncer à sa mère sans tenter de la sauver. Que pouvait-il pourtant espérer face à des esprits tourmentés comme les lavandières ?


Ces dernières étaient réputées à travers toute l’Armorique pour avoir été de mauvaises mères de leur vivant. Elles étaient ainsi condamnées à laver leurs fautes chaque nuit jusqu’à l’éternité.


 Le chemin que le groupe insolite emprunta, mené par la créature fantastique, descendait maintenant. L’humidité se fit plus pesante tandis qu’une brume de plus en plus épaisse trahissait la proximité d’un point d’eau important.


Le bugul-noz fit signe de s’arrêter et huma l’air. Les korrigans se figèrent, alors qu’ils n’avaient cessé de danser et fanfaronner jusque là.


« Écoute jeune homme, on peut les entendre et l’odeur de la mort plane. Elles sont en face sur l’autre rive. Es-tu toujours aussi sûr de toi ? Si ta mère est piégée par les lavandières, tu as peu de chance de l’en libérer sans subir le même sort. Je ne pourrais intervenir, mon rôle de gardien me l’interdit. » Déclara le bugul-noz à voix basse.


« Quel fils indigne je serais si je ne faisais rien. Je lui dois la vie, l’éducation que j’ai reçue et tout ce qu’une mère aimante offre à son enfant sans rien attendre en retour. »


Un korrigan s’approcha alors du jeune homme :


« Je t’aiderai moi. »


Le bugul-noz esquissa un sourire avant de guider le groupe vers le pont le plus proche. Après avoir traversé, il indiqua le chemin à suivre.


« Je n’irais pas plus loin, humain téméraire. Suis le chemin sans bruit et écoute, les lavandières poussent des cris pour attirer les hommes perdus, suis leurs cris, mais surtout, soit discret ou tu n’auras pas le temps d’agir. Je te conseille d’attirer leur attention un jetant une pierre par exemple avant de chercher ta mère très vite. Prends garde, car elles sont très rapides. »


« Merci pour le conseil et merci de nous avoir guidés jusqu’ici. Vous n’êtes pas l’horrible monstre que prétendent les légendes. »


« Personne n’est tout bon ou tout mauvais. » Dit simplement le bugul-noz en s’éloignant.


Kertian suivit le chemin indiqué par l’être surnaturel accompagné du korrigan. C’était la première fois qu’il voyait des korrigans, les légendes les décrivaient comme des êtres espiègles et fourbes, mais ce soir là, le jeune homme ne savait plus trop quoi penser. Le terrible bugul-noz venait de l’aider et un korrigan l’accompagnait pour sauver sa mère sans rien demander en retour. Le petit être se nommait Kornig et était originaire des monts d’Arrée. Ils n’eurent pas l’occasion d’échanger plus, car ils entendirent soudain les plaintes alarmantes des lavandières de la nuit.


« Sortons du chemin. » Proposa Kornig en chuchotant.


Chacun d’eux ramassa deux pierres avant d’avancer, courbé dans les hautes herbes, vers les appels à l’aide.


« C’est ainsi qu’elles attirent les marcheurs imprudents, chuchota le korrigan, elles appellent à l’aide et le malheureux qui répond se retrouve noyé en moins de temps qu’il le faut pour le dire. Si elles attrapent des femmes, elles leur font laver leur sinistre linge à leur place, jusqu’à ce qu’elles meurent d’épuisement. »


Kertian était terrifié, mais il ne pouvait renoncer à sauver sa pauvre mère. Il culpabilisait persuadé qu’il aurait dû aller lui-même au village en cette fameuse fin d’après-midi. Il aurait certainement marché plus vite et serait rentré avant la tombée de la nuit.


La brume masquait la vue de l’improbable duo, pourtant ils entendaient maintenant clairement les appellent au secours des esprits tourmentés. Ils décrivirent alors un arc de cercle pour contourner le danger et avancèrent à pas de loup.


Soudain, alors que la brume était, un instant, moins épaisse, ils aperçurent les fantômes qui encerclaient deux malheureuses femmes attelées à laver leur linge.


Kertian et Kornig se regardèrent brièvement et le premier d’entre eux Jetta alors sa première pierre au loin. Dès qu’elles entendirent l’impact de la pierre, les lavandières fondirent dans cette direction. Seules les deux femmes restèrent près du point d’eau, a genou attendant la suite des événements. Le jeune homme et le korrigan jetèrent leurs autres pierres en s’approchant d’elles. Kertian reconnut aussitôt sa mère. Ses traits tirés et ses vêtements débraillés témoignaient du calvaire qu’elle avait dû endurer. 


« Viens vite avant qu’elles ne reviennent, lui chuchota Kertian. »


« Sauve-toi mon fils, elles nous rattraperons et te feront subir le même sort.


» Non je suis venu te chercher, je ne repartirais pas sans toi. «


Sur ces mots le jeune homme tira sa mère par le bras pour la forcer à le suivre. Elle n’avait plus la force de lutter, mais avait, malgré tout, un souhait à formuler.


» Enmenons Azenor avec nous, sans elle je ne serais plus de ce monde. »


Kertian fit alors signe à la jeune prisonnière de les suivre, Kornig l’aida à se lever et tous quatre s’enfuirent dans les brumes. Mais les cris stridents et lugubres des lavandières se rapprochèrent bientôt dangereusement du petit groupe. Les deux femmes commencèrent à paniquer, elles craignaient d’avoir à revivre leur terrible calvaire. 


« Laissez-nous et sauvez-vous tant qu’il en est encore temps », pleura, désespéré la mère de Kertian.


« Non ! Je suis venu pour toi mère, je ne repartirais pas sans toi. »


Soudain les cris se firent très proches et le groupe se sentit encerclé. Les ombres des lavandières dansaient frénétiquement dans la brume, les esprits torturés renfermaient lentement leur étreinte sur ses proies.


« Par ici », hurla tout à coup Kornig en se mettant à courir.


Mais le téméraire korrigan ne parvint pas à passer. Il se heurta à la forme translucide d’une lavandière qui le prit de vitesse malgré sa grande vivacité. Il fut projeté au sol auprès de ses camarades.


C’est alors qu’une lumière transperça le ciel nocturne et humide. Tous furent instantanément éblouis. Cette étrange lumière semblait torturer les lavandières tant elles hurlaient et fuirent les lieux. Lorsque le calme de la nuit revint, Kertian aperçut un étrange objet planté dans le sol. Il s’agissait d’une splendide lance dont le manche était gravé de magnifiques symboles celtiques. En saisissant l’arme, Kertian ressentit une sensation de puissance étrange et perçut une voix.


« J’ai besoin d’un nouveau héros et ce sera toi, prends cette lance et poursuis ton aventure. »


La voix s’estompa comme elle était apparue, le jeune homme chercha alors des explications en regardant autour de lui. Mais il ne vit rien d’autre que les deux femmes interloquées et Kornig qui marchait timidement vers lui.


« On dirait une réplique de la lance du dieu Lug. » Dit-il.


Aussitôt que Kornig s’approcha, la pointe de la lance s’illumina.


... à suivre


En attendant la suite, je vous invite à découvrir mes différent livres, si vous aimez cette histoire, il ne fait aucun doute que vous y trouverez votre bonheur.



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Ci-dessous vue complète de la couverture avec un aperçu de l’intérieur (cliquez sur l'image pour l'agrandir).




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En attendant une prochaine histoire, portez-vous bien et kenavo !

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